Le Sénégal
Le Sénégal, situé en Afrique de l’Ouest, est reconnu pour la richesse de son patrimoine culturel et la diversité de son économie. Le pays a enregistré des avancées notables dans plusieurs secteurs, notamment l’emploi, l’entrepreneuriat et le secteur bancaire. La langue officielle est le français, ce qui en fait un facteur clé de cohésion nationale et d’intégration dans les échanges économiques, sociaux et institutionnels.
Informations générales et sectorielles sur le Sénégal
Importance croissante de la microfinance : changement de paradigme annoncé dans la politique sectorielle
Même si le Sénégal peut être fier de sa stabilité politique, les défis sociaux et économiques sont immenses. On estime que 40 % de la population vit dans la pauvreté. Le niveau alarmant de pauvreté éducative entrave tout effort de développement en faveur de la formation professionnelle, du travail et des revenus pour la très jeune population. Selon la Banque mondiale, environ 40 % des adultes sont analphabètes, un quart des enfants en âge scolaire ne vont pas à l'école, plus de 40 % des élèves du primaire abandonnent l'école prématurément et 40 % de la population a moins de 15 ans (Banque mondiale, 2022).
Le Ministère de la Microfinance et de l'Economie Sociale et Solidaire (MMESS) parle d'un changement de paradigme dans la politique du secteur. L'inclusion financière pour l'emploi et le revenu local doit être le nouveau critère d’évaluation du secteur de la microfinance et la prémisse selon laquelle le ministère et ses agences et départements doivent le promouvoir à l'avenir. Le « financement ciblé » doit être l'un des principaux instruments de soutien.
Le secteur de la microfinance joue donc un rôle particulièrement important dans la mise en œuvre des objectifs de développement national du gouvernement. Des contributions importantes au développement économique local, à l'emploi et au revenu, à la sécurité sociale et à la solidarité sont attribuées au secteur. Cependant, il y a un manque de données enregistrées et évaluées au niveau national sur les secteurs économiques et les groupes de population desservis par le secteur de la microfinance et ses effets sur le revenu et l'emploi.
Le Ministère de la Microfinance et de l'Economie Sociale et Solidaire est convaincu du pouvoir socio-économique des structures coopératives. Cependant, les nombreuses Mutuelles d'Epargne et de Crédit du secteur de la microfinance n'appliqueraient pas (ou plus) rigoureusement les principes coopératifs dans la pratique. Dans ce contexte, il est également souvent fait référence à des structures traditionnelles éprouvées, telles que les associations communautaires d'épargne et de crédit, connues sous le nom de tontine ou de calebasse, qui, selon le ministère, doivent être renforcées en tant qu'agents efficaces du changement.
Le secteur de la microfinance et ses défis
Le secteur de la microfinance au Sénégal a connu une forte croissance ces dernières années et est considéré comme une référence importante dans l'Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Il occupe la première place en termes d'encours de crédit et d'épargne. Environ 83 % de la population est considérée comme financièrement incluse (BCEAO, 2023). Environ 20 % sont inclus dans le marché de la microfinance.
Cette croissance se caractérise par l'émergence de nouveaux prestataires de services financiers, tels que l'argent mobile et les entreprises FinTech notamment. Toutefois, ces services s'accompagnent de nouveaux risques, notamment en ce qui concerne la sécurité des transactions et la protection des consommateurs.
Le secteur est très diversifié en termes de forme juridique, d'affiliation et de taille. Quelques grandes structures constituent l'essentiel du marché, à côté d'un grand nombre de petites structures, souvent professionnellement faibles, souvent enregistrées comme Mutuelles d'Epargne et de Crédit (MEC) et qui opèrent sur une base communautaire dans les régions rurales, dont certaines sont gravement mal desservies.
Le secteur, qui compte 4,3 millions de clients, est composé d'un total de 297 institutions de microfinance (IMF) de formes juridiques, de structures de gouvernance et de tailles différentes, avec un total de 913 points de service dans le pays (BCEAO, 2024). On y trouve des associations, des mutuelles, des coopératives, des ONGs et des IMF commerciales sous forme de sociétés anonymes.
Il existe notamment quatre organisations faîtières (notamment : Fédération des Caisses du Crédit Mutuel du Sénégal, Union des Mutuelles du PAMECAS, Union des Mutuelles de l'ACEP, Union des IMCEC) et 12 institutions de microfinance individuelles sans organisation faîtière (telles que BAOBAB-Sénégal, COFINA, MECAP, CAURIE-MF).
L'encours total des prêts du secteur est nettement supérieur à la mobilisation de l'épargne, à près de 32% (DRS-SFD, 09/2024). Le secteur est donc dépendant d'un refinancement externe (favorable) pour ses activités de prêt.
Une mauvaise gestion, des contrôles internes insuffisants, de faibles niveaux de compétence parmi les gestionnaires et les membres des conseils d'administration et une protection inadéquate des consommateurs sont autant de problèmes qui compromettent encore aujourd'hui la fiabilité, les performances et la stabilité du secteur.
En moyenne, le secteur de la microfinance ne respecte pas les principaux indicateurs réglementaires et ratios prudentiels relatifs à la liquidité, à l'adéquation des fonds propres, à la rentabilité et à la proportion de prêts non performants (portefeuille à risque, PAR) (DRS-SFD, 12/2024).
Le nouveau règlement sur la microfinance : renforcer le secteur des coopératives de crédit
Lors de sa réunion de décembre 2023, le Conseil des ministres de l'Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) a adopté le projet de loi uniforme régissant la microfinance dans l'UMOA. La nouvelle loi est entrée en vigueur au Sénégal depuis le début de l'année 2025.
En plus de stabiliser le secteur en renforçant la gouvernance des institutions de microfinance existantes ainsi que la protection des clients, cette réforme se concentre sur la réglementation et la limitation des taux d'intérêt du crédit afin de promouvoir les prêts à des fins productives. La réforme vise également à permettre aux IMF d'offrir de nouveaux services et produits financiers, notamment le crédit-bail, l'affacturage, l'argent mobile et la finance islamique.
L'introduction d'exigences minimales en matière de capital propre et la réduction des formes juridiques possibles aux sociétés anonymes (SA) et aux sociétés coopératives (SCOOP) poseront des défis majeurs à un nombre relativement important de petites mutuelles d'épargne et de crédit. Celles-ci devront se transformer institutionnellement dans un délai d'un an en une société coopérative dûment enregistrée, ce qui pourrait également nécessiter la fusion (réseautage) de petites associations pour satisfaire aux exigences révisées en matière de capital propre. Les principaux acteurs du secteur (entre autres : Ministère de la Microfinance - MMESS, Direction de la Microfinance et de l'Inclusion Financière - DMIF, Association Professionnelle des SFD - APSFD, Banque Centrale - BCEAO, Direction de la Réglementation et de la Supervision des SFD - DRS-SFD) discutent actuellement des approches adéquates pour aider le secteur à se conformer à la nouvelle réglementation. L'autorité de supervision (DRS-SFD) prévoit de réviser les indicateurs de supervision afin de mieux contrôler le respect des principes coopératifs et des critères minimaux pour un travail efficace du conseil d'administration, entre autres.
Projet en cours
Le Sénégal est intégré au projet régional DSIK Afrique de l'Ouest depuis le 1er janvier 2025.
Financé par le BMZ – « Transformation durable du secteur financier grâce au renforcement du secteur des coopératives d’épargne et de crédit et à la promotion de la représentation équitable des femmes et des jeunes en Afrique de l’Ouest (projet régional) »
Au cours des prochains mois, le projet au Sénégal se concentrera sur les activités suivantes :
- Faciliter la mise en réseau des partenaires du projet régional ;
- Initiation et établissement d'un partenariat de projet durable au Sénégal par le biais d'un accord de coopération formel ;
- Établir des relations de travail durables avec des acteurs sélectionnés du secteur de la microfinance (tels que l'association nationale APSFD) conformément à l'accord de coopération ;
- Identification conjointe des domaines de coopération et d'intervention, en tenant compte des nouvelles conditions cadres résultant notamment de la nouvelle législation sur la microfinance, de la nouvelle stratégie de promotion du Ministère de la Microfinance et de l'Economie Sociale et Solidaire (MMESS) et de sa Direction de la Microfinance et de l'Inclusion Financière (DMIF) et de la nouvelle stratégie de développement de l'Association Nationale des Institutions de Microfinance (APSFD).
Financé par le BMZ – « Sécuriser les moyens de subsistance par l’emploi et l’entrepreneuriat au Sénégal » 01.09.2023 – 31.12.2024
Afin de relever les défis actuels de manière durable, l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Sénégal (APSFD-Sénégal) a lancé une initiative stratégique autonome, appelée « Projet associatif ». Cette démarche visait à renforcer la performance globale de l’association.
La DSIK a accompagné le processus avec l’appui d’un consultant externe, qui a apporté un soutien méthodologique et une expertise technique. À l’issue de cette mission, l’APSFD a identifié sept axes stratégiques d’amélioration et d’intervention, assortis d’actions concrètes, portant notamment sur la communication, la collaboration interne, le développement des ressources humaines, l’innovation, le refinancement, etc.
Il est attendu que les ressources et compétences de l’association et de ses membres soient mobilisées et valorisées en priorité, afin d’assurer l’appropriation et la pérennisation du Projet associatif de l’APSFD.
Parmi les actions menées dans le domaine de l’éducation financière de base, une initiative pilote mérite une mention particulière : la réalisation d’un programme radiophonique. En coopération avec une structure du ministère des Finances, l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF), et l’entreprise sociale Jokalante, le programme Sabablou a été produit en 13 épisodes thématiques et diffusé en wolof par cinq radios locales. Cette diffusion a été accompagnée d’une campagne publicitaire sur Facebook, de la création de clubs d’auditeurs, d’émissions décentralisées et de la mise en place d’un numéro téléphonique pour recueillir les retours du public. L’audience potentielle a été estimée à 4,9 millions de personnes. L’évaluation de cette mesure a confirmé les résultats positifs attendus. Par exemple, plus de 40 % des personnes interrogées ont déclaré mieux comprendre l’importance de l’épargne. L’OQSF envisage de poursuivre et d’étendre ce projet pilote, notamment en diffusant le programme dans d’autres régions du pays et/ou en produisant des émissions dans d’autres langues locales.
Financé par la GIZ – « Promotion de l’accès au financement pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) au Sénégal »
Ce projet visait à faciliter l’accès au financement pour le groupe cible au Sénégal… En lire plus